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Domaine J. Laurens, roi de la bulle de Limoux
Jacques Calvel du domaine J. Laurens à Limoux
Choses bues - Languedoc Occitanie - Vinotrip - Vins

Domaine J. Laurens, roi de la bulle de Limoux

À Limoux, Jacques Calvel a participé à la réputation internationale de la bulle. Et cet opérateur phare n’a jamais abandonné sa production aux griffes de la grande distribution.

Il est des reconversions qui portent en elles les attributs du bonheur. C’est ce que dégage la personnalité de Jacques Calvel, un vigneron installé sur l’appellation Limoux. Sa reconversion sur Limoux, il l’a envisagée après une carrière en Suisse, dans l’informatique. Installé depuis le début des années 80, il aime transmettre son savoir de la bulle.

À bien y regarder, si la réussite de Jacques Calvel étonne, elle fait pétiller la bulle limouxine. Car derrière l’homme humble, le discours n’est pas trompeur. Ce vigneron raconte avec une douceur déconcertante que le domaine J. Laurens qu’il dirige, a été accompagné dès le début, par un champenois. Puis, naturellement son savoir-faire est venu s’inscrire dans la lignée. Avec 60 ha dont la moitié en propre, Jacques Calvel raconte avoir beaucoup travaillé l’export :

Le plus gros de notre clientèle est en Californie, en Orégon et dans l’État de Washington. Mais le Japon est déjà un vieux client. Et nous n’avons abandonné aucune part de marché à la grande distribution. Cela demande une logistique impressionnante.

Et puis le choix stratégique de ce vigneron, c’est de ne produire que des effervescents. Avec 4 cépages (mauzac, chardonnay, chenin blanc et pinot noir), les vendanges sont manuelles et douces pour préserver le fruit. Puis les 4 sont vinifiés séparément pour élaborer les vins de base.

Ensuite, quand arrive le mois de janvier, les assemblages débutent… Et tout le processus de l’effervescence se met en place. Une première fermentation se fait en cuve, quand la seconde est réalisée en bouteille. Dosage, repos, les règles et les durées fluctuent de la blanquette au crémant. Ici  le remuage s’effectue en gyropalettes (un système automatique de remuage). 

Côté assemblages, pour le crémant de Limoux, c’est le chardonnay qui mène la danse, même si le mauzac ferme le bal. Côté blanquette, le mauzac est le cépage majoritaire et historique de l’appellation. Dans la blanquette de Limoux, méthode ancestrale, ce seul cépage est autorisé. Pour la blanquette de Limoux, le mauzac représente 90% de l’assemblage complété de chenin blanc et de chardonnay. 

Enfin, la toute première des règles de Jacques Calvel, c’est que la quantité n’empêche pas la qualité. Car cet opérateur phare produit autour de 390 000 cols. Et 20 000 cols sont vendus au caveau. Le crémant de Limoux représente ici 175 000 cols de la production contre 90 000 cols pour la blanquette.

3 profils de vins parmi les effervescents du domaine J. Laurens

La cuvée Laurens, non dosée, vieillie sur lattes. Un crémant brut nature, J. Laurens. Aucune liqueur d’expédition n’est ajoutée après la seconde fermentation en bouteille. Seul du vin vient compléter le dosage final, donc seuls les sucres résiduels naturels caractérisent cet effervescent. La cuvée est restée entre 24 et 36 mois sur lattes. Une bulle fine pour ce blanc de blancs frais et fruité avec 60% de chardonnays, 30% de chenin blanc et 10% de mauzac. Il s’agit donc d’un crémant où le mauzac donne une signature particulière. De la personnalité !

Pour La blanquette Le moulin du domaine J. Laurens, en méthode traditionnelle. Ici les vignes de mauzac, sont les premières vendangées. La vendange se fait tôt pour conserver les niveaux d’acidité et de sucre. Le mauzac compose la cuvée à 90%. On est donc sur la typicité du terroir et du cépage phare de Limoux. Un vin très frais, sur la pomme avec un bonne acidité. Idéal en apéritif.

Enfin, le crémant J. Laurens, Les Graimenous est un crémant de Limoux brut. Un classique, aux notes de fruits à coques et de noisette. Plus charnu, sur le fruit également, avec un belle longueur en bouche. Il allie finesse et persistance. Peut être consommé tout au long d’un repas !

Christelle Zamora, photos ©BonBecBohème

 


Bon Bec Bohème tient son nom d'un double sens, un bon bec est un fin gourmet, sucré ou salé, et dans un sens plus ancien et populaire, c'est aussi une femme bavarde.

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