Entre terre et mer, l’île de Porquerolles sourit aux vins et cela dans les trois couleurs. Pas moins de trois domaines sont installés sur ce terroir provençal insulaire.
Il ne faut que vingt minutes en bateau pour rejoindre l’île de Porquerolles depuis la pointe de Giens. Mais ici, il est impossible de venir en voiture. Alors c’est à pied ou à vélo qu’il faut parcourir l’île de Porquerolles. Au centre, la petite cantine de l’île est à L’Alycastre, on s’y arrête avant de prendre le chemin des plages. Puis, la plage Notre Dame déroule un bandeau de sable blanc devant une eau turquoise. Elle compte parmi les plus belles d’Europe.
Pourtant, l’île aurait entièrement brûlé en 1897 et près de 200 hectares de vignoble ont été implantés au début du siècle dernier comme coupe feu. Le plus ancien domaine de l’Ile éponyme implanté en 1911 en témoigne. Cette propriété de la famille Fournier, a été une des premières à s’installer. Ensuite, elle a encore été parmi les instigatrices de l’AOC côtes de provence. Autre qualité et non des moindres, Porquerolles compte deux domaines en agriculture biologique dont le domaine de l’Ile. Ici les sols schisteux métamorphiques et argileux sont bénéfiques à la vigne et les vins produits sont beaux ou prometteurs.
Domaine la Courtade, vitrine d’art et de vin
Le domaine La Courtade créé par Henri Vidal compte une trentaine d’hectares de vignes toutes en agriculture biologique depuis vingt ans déjà. Et fait remarquable sur une île, le domaine entend s’orienter vers la biodynamie. Il est la propriété de l’homme d’affaires Edouard Carmignac depuis trois ans. Mais le domaine a d’abord rayonné grâce à l’Alsacien Richard Auther. Les étiquettes du domaine sont illustrées d’une oeuvre d’art contemporain car Edouard Carmignac est à l’origine de la fondation éponyme qui compte s’implanter ouvertement dès 2018 sur l’île de Porquerolles.
On y cultive les cépages Rolle pour les blancs, mourvèdre et grenache pour le rouge et le rosé. Et fait plus surprenant, la syrah et le sémillon sont implantés de façon plus confidentielle. Le domaine produit un rosé provençal élégant à base de mourvèdre. Un très joli blanc est issu de vieilles vignes de rolle ou vermentino, cépage corse épanoui sur ce terroir. Enfin, le domaine replante actuellement du cinsault. Il est en passe de devenir la vitrine vin et art contemporain de l’île de Porquerolles.
Partis de rien pour construire un vignoble
Le plus petit domaine est celui de Perzinsky. Alors ce dernier a été créé de toute pièce par deux frères dans les années 80. Dans cette voie, ils défrichent alors une dizaine d’hectares pour planter des vignes et faire du vin dans les trois couleurs. Dès 1993, 15000 bouteilles sont alors produites. Dans la tradition Bourguignonne, le domaine reprendra le patronyme familial.
On le reconnait facilement à son étiquette aux armoiries, à gauche celle de la famille Perzinsky, à droite celle de la famille Kopteff toutes deux originaires des pays de l’est. Si les vins ne sont pas bio comme les autres vignobles insulaires, la vinification est soignée et l’esprit de ces vignerons remarquable.
Des vins de trois couleurs
Pour conclure, on a aimé le côté très provençal des rosés de l’île un peu plus colorés en raison des sols schisteux. Le mourvèdre leur donne une belle fraîcheur mais ils sont assemblés selon les domaines. Les blancs sont très élégants notamment ceux en Agriculture Biologique. Celui de La Courtade issu de vieilles vignes de rolles est particulièrement beau. Sa vinification en barrique lui donne corps et gras pour briller en gastronomie. Un vin raffiné. Très joli vin aussi, le blanc du domaine de l’île, domaine historique, millésime 2016 également, un vin blanc de garde ample et généreux en bouche.
À Porquerolles, découverte des vins insulaires @vinsdeprovence #sud #provence #Giens pic.twitter.com/lQrcbeB4az
— Bon Bec Bohème (@BonBecBoheme) 30 juin 2017
Les rosés sont d’assemblage, ils sont salins et frais. Le domaine la Courtade produit deux rosés dont un de gastronomie. Pour les rouges, ils sont à dominante de mourvèdres dans un esprit provençal. Là encore La Courtade se distingue mais le domaine Persinsky se lance dans des cuvées haut de gamme très prometteuses en rouge comme en blanc. À découvrir donc ces cuvées confidentielles du millésime 2016.
Christelle Zamora Photos ©BonBecBohème
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