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Tourisme vigneron, l’exemple de Valmagne
Abbaye de Valmagne
À Table - Languedoc Occitanie - Tourisme - Vinotrip - Vins

Tourisme vigneron, l’exemple de Valmagne

Dans la petite commune héraultaise de Villeveyrac, l’abbaye de Valmagne fleure bon dans l’assiette. Et elle tinte même dans les verres avec ses vins bio et ses repas vignerons. Car ici, la ferme-auberge vigneronne promet de bons plats élaborés avec des produits locaux et de saisons.

Lorsqu’en 1975, Diane d’Allaines a décidé d’ouvrir la propriété de Valmagne au public pour son patrimoine et sa qualité de domaine viticole, elle a sans doute été de ces femmes pionnières de l’oenotourisme dans l’Hérault. Hors il est vrai que peu d’hommages sont rendus à ces femmes hors des modes, qui à force d’entêtement ont imposé leur vision du tourisme vinicole.

L’abbaye de Valmagne conserve plus que jamais son statut de joyau familial et régional en terre languedocienne. Outre son classement au patrimoine historique, c’est sur cette terre de grès que l’on s’est battu pour faire reconnaître un des terroirs du Languedoc. L’actuel propriétaire, Philippe d’Allaines a été auprès de Jean Clavel alors directeur du syndicat des coteaux-du-languedoc, un des fondateurs de l’appellation des grès de Montpellier :

L’idée a donc germé dans les années 90, une époque où tout le monde produisait des aoc côteaux-du-languedoc sans distinction de terroirs. Nous étions quelqu’uns à évoquer ces terroirs qualitatifs, se souvient Philippe d’Allaines.

Alors la petite appellation a vu le jour en 2003. Si Philippe d’Allaines est fier de cette bataille menée à l’orée du second millénaire, il regrette les arrachages du vignoble de plaine. Car ces trente dernières années ont été la théâtre d’arrachages massifs dans les vignes languedociennes.

Aujourd’hui, Valmagne témoigne de la présence ancienne des moines cisterciens en Languedoc. Et cette présence a été d’autant plus cruciale que le lieu est construit sur une ancienne villa romaine. Puis Philippe d’Allaines évoque l’histoire oubliée de ce cépage morastel qui figure dans le décret de l’appellation des coteaux-du-languedoc. Un cépage que le public découvre sur site dans le conservatoire de cépages, à quelques pas de la ferme-auberge.  Sans oublier son potager et son jardin aromatique médiéval unique !

Alors non seulement l’abbaye de Valmagne incarne une histoire plusieurs fois séculaire mais encore, elle est un exemple contemporain de tourisme vigneron. Alors que l’on ne compte que deux fermes-auberges dans le département de l’Hérault, Valmagne regorge de ressources locales et régionales. Et cette table cultive l’authenticité avec ses vins bio et ses produits du terroir.  

Laurence et Philippe d'Allaines dans leur ferme-auberge de l'abbaye de Valmagne

La ferme auberge de Valmagne

Le séchage des plantes aromatiques du jardin médiéval

Laurence d'Allaines

Un verre, un plat vigneron, le sens de la formule

Rouleaux de printemps

Le domaine de Valmagne s’étend sur 58 hectares en viticulture biologique autour de la bâtisse. Une douzaine de cépages y sont cultivés dont certains parmi les plus anciens du Languedoc. 

Côté cuisine, on cultive son jardin. C’est Laurence d’Allaines qui tient le potager et la table attenante. Le cadre est naturel et on peut se sustenter de mets 100% locaux et fermiers en toutes saisons. Une idée durable dans tous les sens du terme. La table est très élégante. Et l’accueil soigné. 

Le fait maison et le manger local constituent tout le principe de cette ferme-auberge vigneronne et durant tout l’été, nous sommes d’ailleurs en autosuffisance, souligne Laurence d’Allaines.

Ensuite les gourmets peuvent déambuler dans la cathédrale des vignes, les foudres exposés au public en mettent plein la vue. Ils ont servi à stocker les vins jusqu’à il y a quelques décennies. Toute l’originalité de la visite réside dans leur présence au sein de la cathédrale. Ainsi, l’abbaye incarne neuf cents ans d’histoire des vins languedociens.

Car dès le XIIeme siècle, les moines cisterciens de l’abbaye Notre Dame de Citeaux, en Bourgogne, propriétaires du clos-vougeot ont vu en Valmagne un domaine viticole. Fondée par Raymond Trincavel, vicomte de Béziers en 1138, l’abbaye de Valmagne a failli disparaître au cours des guerres de religion puis à la révolution française avant d’être rachetée par le conte de Turenne, comme domaine viticole.  Et cette première vocation a été conservée par la famille.

Laurence d’Allaines se passionne pour les plantes aromatiques, les fleurs et les légumes de saisons. Et même les repas du Moyen Age. Ce temps où la botanique occupait les moines soucieux de s’auto-alimenter et de se soigner. Ici la nourriture soigne le corps quand le vin élève l’âme. C’est un délicieux endroit , une escale de choix, sur les routes du Languedoc et d’Occitanie. 

En cuisine, citronnelle, mélisse, oseille ou lavande habitent les plats simples et goûteux. Nous concoctons des desserts à la lavande  mais aussi au romarin, je recherche toujours des recettes originales ou anciennes, relate Laurence d’Allaines. 

Alors l’assiette est excellente de fraicheur avec ses plats agrémentés d’huile d’olive locale extra, de desserts aux figues et de menthe fraîches où s’invite une crème glacée à la crème de brebis. Vraiment cette table est à connaître, à côtoyer, à fréquenter sans modération. Légumes, salades, senteurs y sont une vraie découverte.

Les papilles frétillent sur les terrines maisons, le pourpier, les tomates du jardin d’à côté. Les fleurs ne sont pas qu’un décor dans l’assiette, primprenelles et capucines ravissent encore les gourmets. Pour conclure, chapeau bas pour cette table de ferme vigneronne exemplaire !

Christelle Zamora, photos ©BonBecBohème

 


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