close
L’Hermas, un vin chic décontracté

L’Hermas, un vin chic décontracté

Installé près de Gignac, dans l’Hérault, Matthieu Torquebiau élabore des vins en appellation Terrasses du Larzac. Il produit deux vins, un blanc et un rouge, d’une élégance certaine.

Matthieu Torquebiau a des origines vigneronne et aveyronnaise. Notre homme, amoureux des arbres et de la nature, s’est d’abord imaginé à l’Office National des Forêts (ONF). Il a même croisé le chemin du botaniste Francis Hallé – le film : Il était une forêt – avant d’étudier la biologie. Et puis, cette rencontre avec un professeur d’œnologie l’a fait changer de voie.

C’est donc à cette école qu’il finira par se vouer avant de devenir conseil pour de grands crus. Puis, au début des années 2000, il hérite de quelques parcelles de vignes. Et cela dans la plaine de Gignac. « Cela m’a permis de m’installer et d’acheter des terres. Mais, je voulais des garrigues, du versant nord avec un peu d’altitude », confie-t-il. Alors il trouve de nouvelles parcelles à 250 mètres, sur un petit plateau calcaire.

Il s’acharne alors à défricher, riper, concasser avant de planter. « Après il y a eu les lapins, les sangliers puis la sécheresse, alors il m’a fallu 8 ans pour sortir une bouteille », explique Matthieu Torquebiau. Son premier millésime vinifié en 2009, ce vigneron se fait ensuite connaître de tables étoilées dont Alain Passard (L’Arpège) à Paris ou Sébastien Bras (Le Suquet) à Laguiole.

Le talent n’attend pas les années. On dit de L’Hermas qu’il marche dans les pas du domaine d’Aupilhac à Montpeyroux. Ses 8 hectares en production génèrent de 10 à 20 000 cols annuellement si bien que L’Hermas se fait désormais connaître en Belgique et aux Etats-Unis.

Terrasses du Larzac : c’est carignan !

Il se dit que le carignan est l’ossature de l’AOC Terrasses du Larzac bien que syrah, grenache, mourvèdre (60% min.) et cinsault (30% max.) s’ajoutent à la palette. Situation ? Au nord-ouest de Montpellier sur 2000 ha, côté lac du Salagou, Saint-Guilhem-le-Désert, coteaux d’Aniane ou contreforts de Pégairolles. Mas Julien, mas des Chimères ou mas Cal Demoura ont fait, entre autres, la réputation des Terrasses du Larzac. Caractère ? Fraîcheur, liée à l’écart de températures jour/nuit, en plus de sols variés. Rouge ? Majoritairement.

Les blancs encore en AOC Languedoc pourraient suivre les rouges qui ont leur propre appellation depuis 2014. Célèbre ? Viennent ici d’éminentes signatures du vin : Olivier Poussier, meilleur sommelier du monde. Laure Gasparotto, journaliste vin au magazine M, Le Monde. Bel ouvrage que La Mécanique des vins, qu’elle signe avec Olivier Jullien. Un problème ? L’appellation a pris de la valeur. Y trouver du bâti n’est pas facile. Alors fourmilière à pépites les Terrasses du Larzac ? Assurément, le guide Bettane & Desseauve l’a même prédit ! De jeunes talents prennent ici le temps d’aller à la rencontre de leurs vins.

Deux fois vin
L’Hermas blanc 2014. Un trio de cépages : vermentino (70%), roussanne (20%) et chenin (10%) pour cette AOC Languedoc.  En bouche, un vin vif et rond sans être chaud. Les cépages bien que de maturités différentes sont récoltés en même temps. Un vin frais, bien roulé, droit dans ses bottes qui plaît aux deux sexes. Sur un mets iodé comme l’oursin, il fait l’unanimité.

L’Hermas rouge 2014. Hermas signifie terre abandonnée. Mais un abandon avec une décontraction chic. Syrah, mourvèdre et grenache composent ce vin sur la fraîcheur et le fruit. Rien de lourd, rien de chaud, douceur et élégance, idéal sur l’agneau. Où ? À la cave des Arceaux de Montpellier, par ex. Et aussi, sur la carte du chef Paul Courtaux à Palavas-les-Flots. 

Christelle Zamora


COMMENTS ARE OFF THIS POST

INSTAGRAM FEED

Follow on Instagram