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La GD, le hors-sol et nos légumes
Cultures hors sol cultivés en écos-serres en cultures et agriculture
Légumes d'hier et d'aujourd'hui - Ma Planète - Terre et mer

La GD, le hors-sol et nos légumes

Dans l’agriculture maraîchère, des hectares de serres sont renouvelés au nom de la compétitivité. Mais aussi de la transition énergétique. Alors l’éco-serre prend le devant de la scène en France aussi. Quelques vérités sur nos légumes…

Partout, l’agriculture doit être satisfaisante aux plans économique, social et environnemental. Près d’Arles, les frères Vincent et Davy Clément ont lancé un modèle d’agriculture intensive qu’ils ont vu fonctionner en Californie. Et ce modèle intensif est considéré comme durable. En France, Paysans de Rougeline produit 75000 tonnes de fruits et légumes  dans 3 bassins de production (Provence, Roussillon, Sud-Ouest). Une démarche que le groupement Rougeline décrit comme exemplaire.

Et le concept concerne déjà les tomates, les fraises, les courgettes et bien d’autres variétés de légumes vendues en Grande Distribution. Les deux frères tombés dans la tomate tout minots sont fiers de cultiver 3,5 ha sous éco-serre nouvelle génération 10 mois par an :

« 400 tonnes de tomates (3 variétés) sont produites en culture hors sol sur un substrat en laine de roche, sous serre chauffée. La dernière génération d’éco-serre permet une maîtrise climatique sans égal et une lutte biologique maîtrisée. » 

Ces agriculteurs ont beaucoup investi pour cela et ils argumentent :

  • Ce jardin protégé permet de réduire les émissions de gaz à effet de serre.
  • Les plans de tomates y atteignent jusqu’à 10 mètres de haut, le rendement annuel à l’hectare dépasse les 100 tonnes contre 20 tonnes en plein champ.
  • Et la quasi-totalité des tomates, concombres et fraises vendue en grande distribution serait ainsi cultivée.

Alors en France, la taille de ces serres High-tech varie de 3 à 10 ha tandis que des structures de 50 ha existent aux Etats-Unis. Ces générations d’éco-serres expérimentées dans les Landes, le Roussillon, la Provence, le Val-de-Seine, permettent une protection biologique intégrée par lâcher d’insectes auxiliaires. C’est pourquoi un des arguments avancés est celui d’un modèle propre. Car ce mode d’agriculture réduit presque à néant l’emploi de pesticides. Par conséquent, ces cultures ne détraqueraient donc ni le climat ni la planète.

Néanmoins, pour l’heure, la loi française n’accorde pas la certification bio aux cultures hors sols. Ce ne sont ni des OGM ni des produits du terroir. Néanmoins, ce mode de culture intensif éco-responsable répond aux besoins de la grande distribution (quantité, calibres, disponibilité), voire de l’export… Et cela face aux circuits courts, directs, locaux et saisonniers (Amap, marché paysan) plus locaux. D’où l’importance de bien choisir son circuit même si tout le monde ne sera pas servi.

Et demain, quel garde-fou au dictat du productivisme ? Assurément, la biodiversité vient à l’esprit ! Toutefois, le consommateur devra faire la différence entre la variété, le goût, le bio, le vivant, un produit standard… Alors deux mondes et deux modes de production, le slow et le fast sont d’ores-et-déjà en lice. Car tout l’enjeu de cette transition est encore générationnel.

En conclusion, on peut s’interroger : Ce qui nous surprend aujourd’hui ne sera-t-il pas la norme demain ? Car il faudra bien nourrir l’humanité ! Avec une population mondiale de 7 milliards d’habitants toujours en croissance, la question mérite d’être posée.  Et notre planète Terre est âgée de 4,5 milliards d’années. 

  • Des lâchers d’insectes sous serre ?

Un insecte nuisible (ravageur) s’attaque à une culture. Un auxiliaire s’attaque à ce nuisible. À chaque prédateur correspond un insecte auxiliaire. Cette lutte biologique permet d’éliminer les pesticides.

  • Des légumes sans terre ?

Les plants poussent dans de la fibre de coco, la laine de roche. Un sol neutre, inerte afin d’éviter de traiter et de polluer.

  • Un dispositif éco-responsable ?

Qui évite la dépendance à l’énergie fossile, recycle l’eau et les fertilisants donc 100% des déchets.

  • Quelle qualité nutritionnelle ?

La tomate industrielle est bien plus pauvre qu’une tomate qui a poussé naturellement (étude de l’Université de Rutgers).

  • À lire, l’article du club Médiapart « Pourquoi nos tomates n’ont-elles plus de goût ? »

 Article paru dans le magazine Grizette 2015-2016, rubrique Ma Planète.


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