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Champagne F.Diligent, l’avant-garde du Brut Nature
Champagne François Diligent
Choses bues

Champagne F.Diligent, l’avant-garde du Brut Nature

Champagne François Diligent lance 3 millésimes de sa collection « Grande Eonothèque » : 2008, 1996 et 1964. Découverte.

Pas vraiment connue en France, la marque Champagne François Diligent surfe sur les marchés étrangers, au japon, aux Etats-Unis, en Chine… Pourtant la famille Moutard cultive 4 hectares en Champagne. Tout a débuté il y a déjà plus d’un siècle, avec la naissance de François Diligent à Buxeuil en 1904.

Dès son plus jeune âge, François va travailler avec son père. Celui-là vend des vins clairs au négoce Champenois. Le gosse devient tonnelier avant de reprendre à 23 ans, le « jardin » de son père. Une parcelle d’un seul tenant. Il se met alors à écouter la vigne. François devient un « vigneron-laboureur ». Il plante des cépages expérimentaux tels les chasselas, pinot noir, chardonnay, petit meslier, arbane…

Puis,  il choisit de presser les raisins par variétés dans un pressoir traditionnel. Lors de la vinification, le vigneron travaille avec les levures indigènes. Il prend soin de ses raisins. Pour cueillir à bonne maturité, il opte pour la vendange manuelle. Etant tonnelier, il choisit une fermentation malo-lactique bloquée et un élevage sous bois. Avec son sens du détail, ses vins vieillissent sur bouchon de liège et bague carrée.

Le cerise sur le gâteau

Il met en place des dosages ultra-faibles. Et cela à une époque où la consommation était plutôt sur le champagne fortement dosé ! François Diligent est l’homme qui faisait du Brut Nature avant l’heure ! Et puis il avait le sens du détail. Vous allez me dire « Oui mais cela c’était hier ! »

Mais le plus étonnant est qu’il en est encore ainsi aujourd’hui. Il a demandé à ses descendants de se conduire en « Vigneron-Laboureur ». Et son voeu a été exaucé ! En témoignent ses petits-fils Alexandre et Benoît Moutard qui cultivent toujours des plants de sélection massale.

C’est donc grâce à l’écoute de sa famille que le champagne François Diligent s’est fait une place dans la grande famille champenoise. Et cela avec :

  1. Un hectare de pinot blanc vrai
  2. Un hectare de pinot noir
  3. Un hectare de pinot meunier
  4. Un hectare de chardonnay

À noter que le pinot blanc est un cépage très peu employé. Son côté gélif a dissuadé les vignerons champenois de le replanter, au point qu’il est en situation de cépage « oublié ».  Quant au pinot blanc, excusez sa rareté : il n’est cultivé que sur 3 ou 4% du vignoble champenois.

Ainsi, depuis la mort de François en 1974, la famille Moutard a poursuivit le travail de l’Oenothèque du grand-père. Et même de l’arrière grand-père. Aujourd’hui,  Alexandre et Benoit Moutard ont repris le flambeau (photo ci-dessous).

Champagne François Diligent

Benoît et Alexandre Moutard, les petits fils de François Diligent photo ©BonBecBohème

Le champagne étant par définition un vin d’assemblage, on en déguste souvent les vins clairs. Sur la méthode ancestrale, le domaine utilise encore les agrafes pour permettre une micro-oxygénation des vins. Raison pour laquelle, le style est plutôt oxydatif. Une seule cuvée 100% chardonnay, le Millésime échappe à la tradition pour garder sa fraîcheur.

Des vins clairs éclatants

Les dégustations de vins clairs du millésime en cours montrent la grande précision du savoir-faire vigneron de la maison. Ciselés, tendus, en équilibre parfait, les acidités sont maîtrisées, les vins presque tranchants. Notes saline, fruitée, florale avec des structures souples et consistantes signent déjà l’élégance. Voilà tout le style des champagnes F.Diligent !

La gamme François Diligent

  • Champagne « Pinot Blanc Vrai » : Pureté et grâce ! Légèrement épicé sans être agressif, le style est vineux. La bulle est fine. La bouche caressante et tendue. Un très bel exemple de fraicheur, de tension et de délicatesse.
  • Champagne « Noir de Seine » : un vin mûri sous agrafe, dégorgé à la volée. Le nez surprend par un caractère oxydatif, des notes de fruité rouge. Avec une touche d’amande torréfiée, une bouche veloutée avec du volume.
  • Champagne « Les trois pinots » : Servi en magnum, le nez est superbe avec une touche épicée. Outre des arômes d’agrumes, du toasté, un côté brioché voire pommes au four. Un duo de finesse et de complexité. On comprend la notion de « bouquet » ! Un trio pinot blanc, pinot noir, pinot meunier magnifique. Un très grand Monsieur ce champagne !
  • Champagne « Epiphanie »: Avec une jolie couleur pas vraiment sur le « rose », ce champagne rosé est assez vineux, un brin tuilé. Et pour cause, il est élaboré avec 40% de pinot noir. Fraicheur et finesse le caractérisent avec un côté vieille prune.
  • Où les trouver ? Ceux qui ont mangé chez Pierre Gagnaire ont peut-être fait la découverte de la cuvée « Les trois pinots ». Ces vins sont surtout distribués en Angleterre, aux Etats-Unis, en Suisse et restent peu connus sur le marche hexagonal.
  • La production atteint les 30 000 cols avec capacité de 40 000 cols. Les temps d’élevages étant longs, la propriété possède des stocks. Avis aux collectionneurs !

Le coffret Série limitée Grande Oenothèque « Collection »

Même principe pour les vinifications, l’élevage sous bois, une fermentation malo-lactique bloquée mais, on est ici sur un blanc de blanc. Un 100% chardonnay ! Pas de vieillissement sur bouchon de liège ni de bague carrée en vu. On garde des champagnes sur la fraîcheur !

  • Grande Oenothèque Collection 2008 : Ce millésime 2008 est assez solaire. Le plus solaire des 3. Le dosage à 2 gr/litre reste la signature maison. Le nez est explosif sur ce champagne de plus de 10 ans. Miel, acacia, genet et fleurs jaunes, carrément miel et tilleul. D’une belle concentration, il a un charme fou. Une note de gingembre, il sera l’allié de longues soirées éclairantes.
  • Grande Oenothèque Collection 1996 : Celui-là a déjà la patine du temps. Dense et expressif, ce champagne est extrêmement fin pour son âge. Quel charme ! Avec un peu plus d’épices douces, vanillées, il cultive droiture et minéralité. La french-touch ? Peut-être !
  • Grande Oenothèque Collection 1964 : Chaque bouteille est unique. Ce champagne a déjà un demi siècle. Il faut savoir l’apprécier. Témoin d’un autre temps, il fait son âge mais n’en est pas moins magistral. Le dosage est identique à 2g/litre. Prendre son temps pour le déguster, surtout ne pas précipiter les choses.

Pour conclure, n’oubliez pas que le rareté fait souvent le luxe. Seulement dix coffrets sont réservés au marché français. 50 coffrets seront commercialisés en tout et pour tout. 

Christelle Zamora


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